https://arxiv.org/pdf/2506.08872
Une équipe du MIT Media Lab a voulu mesurer le « prix cognitif » de ChatGPT quand on l’utilise pour rédiger un essai scolaire. Elle a réparti 54 étudiants en trois groupes :
- LLM seul (ChatGPT) ;
- Moteur de recherche classique ;
- Cerveau-seul (aucun outil). Tous ont écrit trois essais, puis, lors d’une quatrième séance, les rôles ont été inversés : les ex-utilisateurs de ChatGPT ont dû se débrouiller sans, et inversement.
1. Une charge cognitive allégée… en surface
Les mesures EEG et les questionnaires montrent que ChatGPT simplifie la tâche. Sur le plan neuronal, cela se traduit par un réseau cérébral moins sollicité : l’activité fronto-pariétale, signe d’effort intellectuel soutenu, est la plus faible dans le groupe LLM.
2. …qui se transforme en dette cognitive
Quand le même groupe a dû écrire sans ChatGPT, la performance s’est effondrée : incapacité à citer correctement son propre texte, idées répétitives et perte de repères mémoriels. Les auteurs parlent alors de dette cognitive : à force de déléguer la réflexion, on « emprunte » du temps de cerveau au futur. Le gain immédiat (moins de charge) se paie plus tard par une pensée moins critique, une créativité réduite et une vulnérabilité accrue à la désinformation
3. Un effet potentiel positif avec une approche constructive
Quand les étudiants ont d’abord rédigé sans outil puis, seulement lors de la dernière séance, ont activé ChatGPT, le cerveau est resté pleinement engagé : toutes les bandes EEG ont montré un bond de connectivité, signe d’une mémoire réactivée et d’un contrôle exécutif solide. Libérés des recherches fastidieuses, ils ont employé l’IA pour des requêtes très ciblées – trois fois plus de “prompts information seeking” que les utilisateurs chroniques de l’agent conversationnel. Résultat : la charge cognitive extrinsèque baisse, mais les schémas internes restent actifs, si bien que l’on récolte le gain de productivité sans contracter de dette cognitive.

